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Jean-François DUPEYRON
Un stage consacré à l’aide aux enfants en difficulté et à la mise en place des « parcours personnalisés d’aide à l’apprentissage » (P.P.A.P.) s’est déroulé du 08 au 12 novembre 2004 dans les locaux de l’Inspection à Dakar. Il s’agissait au cours de ces journées : 1. Elève en échec / élève en difficultéTrois principes de base sous-tendent la réflexion en matière de difficulté et d’échec scolaire : - Principe de normalité.Même si l’enseignant ne saisit pas toujours pourquoi l’élève ne comprend pas, si cela lui complique la vie, il n’en reste pas moins que la difficulté fait partie du monde de l’école. La difficulté scolaire est normale. L’élève « en difficulté » apprend simplement les choses plus lentement. Cette lenteur est d’ailleurs souvent momentanée, partielle. Elle ne touche pas l’ensemble des apprentissages. L’échec, lui, est anormal. Dans cette situation, l’élève cesse d’apprendre. Il n’essaie plus et baisse les bras. Quant à l’enseignant, s’il ne peut agir sur les paramètres extérieurs (famille, facteurs sociologiques…), il peut encore le faire sur ceux de l’école. - Principe d’éducabilité.Tout élève peut apprendre. Tout élève est éducable. L’attitude de l’enseignant est ici très importante : un élève qui sent un a priori négatif apprend moins bien... - Principe de responsabilité.L’enseignant cherche parfois des explications à l’extérieur de la classe (famille défavorisée, milieu non francophone…) mais l’on ne peut nier que certaines pratiques pédagogiques peuvent plus ou moins favoriser le progrès des élèves. Les dernières recherches menées dans ce domaine montrent qu’il est possible de déceler quatre éléments importants dans les pratiques reconnues comme efficaces : - L’organisation et l’utilisation du temps de la classe lorsqu’elles sont liées à des objectifs précis (durée des séquences, connaissance de l’emploi du temps pour donner du sens…) Cf. « Lettre de l’Education » n° 434 du 8 décembre 2003 Voir aussi pour distinguer élèves en échec des élèves en difficulté… « Apprendre… Oui, mais comment ? » (Apprendre Outil n°3 – repérage), Philippe Meirieu 2. Le programme personnalisé d’aide et de progrès (P.P.A.P.)Il s’agit d’un programme d’intervention modeste qui montre à l’enfant et à sa famille qu’il peut progresser rapidement – jusqu’à quatre semaines – sur une compétence donnée. Ce programme permet de différencier, de personnaliser l’enseignement. Il ne doit pas conduire à une différenciation des objectifs ! On garde les mêmes objectifs pour tous. Le P.P.A.P. est un dispositif obligatoire depuis la parution de la circulaire n° 98 – 229 du 18 novembre 1998 parue au B.O. n° 44 du 26 novembre 1998 : « Utilisation des évaluations CE2/6ème et mise en place du Programme Personnalisé d’Aide et de Progrès ». Les élèves concernés par les P.P.A.P. sont ceux qui ont obtenu un score inférieur à 75% de réussite sur les compétences de base (dites « nécessaires ») aux évaluations CE2. Sont acteurs dans ce programme (signé par les trois parties) : A noter que le PPAP est indiqué pour le public de CE2 décrit ci-dessus mais il peut également être préconisé pour d’autres niveaux. >> Le protocole d’exploitation des évaluations CE2 et de mise en place du P.P.A.P.a) Passation des évaluations CE2.
Pour certains enfants, « terminer » = « abandonner ». Ils ont ainsi répondu 85 !
Des enfants ont rencontré un problème avec le terme « rester » pris au sens de « posséder » tel qu’on l’entend à la maison (« Il reste des œufs dans le réfrigérateur »). La réponse a alors été 27…
e) Les informations collectées dans le cadre des évaluations seront croisées avec celles dont on dispose sur l’enfant. f) Les compétences échouées « massivement » dans la classe seront traitées collectivement en CE2, mais cela peut également être réalisé en CE1 ou en CP. On commencera par les compétences de base. g) A quel moment l’enfant peut-il travailler dans le cadre de son P.P.A.P. ? Si le P.P.A.P. est réalisé sur le temps réservé à une autre discipline, l’enfant est alors sorti de la classe et ne peut participer aux activités suivies par l’ensemble du groupe. Par conséquent, il faudra veiller à ce que l’élève ne travaille pas dans le cadre de son P.P.A.P. si le groupe est en apprentissage. Il est recommandé de faire travailler tous les enfants sur le même projet en essayant d’y intégrer les activités d’un ou plusieurs P.P.A.P. Exemple : dans le cadre d’un projet d’écriture, les élèves écrivent, illustrent, etc. pendant qu’un élève travaille sur son P.P.A.P. en français dans le cadre de ce projet. Si de nombreuses compétences sont à travailler dans la classe, il sera possible d’insérer des plages « PPAP maths » et « PPAP français » dans l’emploi du temps. >> Les éléments d’un programme personnalisé d’aide et de progrès3. La construction de l’autorité« L’autorité implique une obéissance dans laquelle les hommes gardent leur liberté. » (Hannah Arendt – La crise de la culture). Face à la vague actuelle qui prône le retour de l’autorité (mais ne s’agit-il pas plutôt d’autoritarisme ?), se pose la question des relations entre les différents acteurs à l’école : école / famille, maître / intervenant, et bien sûr maître / élève… « Eduquer, c’est contraindre pour libérer »… l’important est alors de rendre la contrainte acceptable. Face aux contraintes scolaires - contraintes de temps, intellectuelles, d’espace et de parole, l’éducateur dispose d’un ensemble de « moyens » qui lui donnent le pouvoir de contraindre : - La coercition, parfois, qui pourtant détruit la liberté de l’autre. >> Le caractère relationnel de l’autorité.
>> L’autorité se construit dans un rapport de force initial.
- Si l’élève est sanctionné, c’est dans le cadre de règles connues de tous. Les effets des représentations freinent parfois la mise en place de l’autorité (vis-à-vis des femmes, des jeunes, etc.). Les trois fonctions du rôle du maître : La possibilité de faire preuve d’autorité et de donner une sanction doit être reconnue par les parents. >> L’autorité est donnée à l’enseignant par les élèves eux-mêmes.
4. La sanctionEtablir une sanction « éducative » et rejeter la punition. >> La punition : mot de la même famille que peine / pénible / pénaliser. >> Etymologiquement, sanctionner c’est aider l’élève à travailler son ordre intérieur, à devenir autonome. On peut construire à partir de la sanction. La punition, quant à elle, ramène à la faute telle qu’on la conçoit dans le domaine religieux… Le texte de référence, du 13 juillet 2000, fait le point sur le régime des sanctions. - La légalité (les sanctions doivent être inscrites au règlement intérieur). 5. Bibliographie
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